Les conventions collectives des 550 000 personnes qui travaillent dans les secteurs de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la santé et des services sociaux, et de la fonction publique viennent à échéance le 31 mars 2020. Encore une fois, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a le mandat de former un front commun avec les deux autres grandes centrales syndicales, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et la Confédération des syndicats nationaux (CSN) afin que nous unissions nos forces pour mener à bien la négociation des dispositions intersectorielles.

L’objectif est d’amorcer les négociations en octobre 2019 par le dépôt des revendications syndicales aux différentes tables sectorielles et à la table centrale. C’est pour être en mesure de respecter cet échéancier que nous menons maintenant cette opération de consultation. Non seulement cette dernière cherche à confirmer les orientations et les priorités qui doivent guider cette négociation, mais elle marque aussi le début de notre travail de mobilisation et de conscientisation autour des enjeux criants qui nous concernent.

Situation politique actuelle

L’arrivée d’un nouveau gouvernement formé par la Coalition avenir Québec (CAQ), bien qu’il soit présenté comme le parti du changement, risque peu de modifier l’attitude du pouvoir face aux femmes et aux hommes qui, chaque jour, portent les services publics à bout de bras. En campagne électorale, la CAQ promettait à la fois d’améliorer nos services tout en remettant de l’argent dans le portefeuille des Québécoises et Québécois, une sorte de nouvelle version du classique « faire plus avec moins »! Nous devrons rester vigilants, et notre mobilisation devra être forte et s’élargir vers d’autres solidarités.

Contexte du marché du travail

Alors que les employeurs de tous les secteurs se plaignent d’une « pénurie de main-d’œuvre », on constate de notre côté que ce sont les conditions de travail qui n’arrivent pas à attirer le personnel nécessaire : salaires trop bas, conditions difficiles, surcharge de travail,
non-reconnaissance et perte d’autonomie professionnelle.

Certains corps d’emplois font les manchettes, et certaines interventions ciblées sont mises de l’avant. Étant sur le terrain, nous savons que ce problème est généralisé dans les services publics québécois et qu’il faut trouver des pistes de solution communes pour l’ensemble des corps d’emplois.

Pourtant, malgré ce contexte et un taux de chômage historiquement bas, les salaires de la classe moyenne stagnent. La modération salariale imposée par le gouvernement du Québec à ses employées et employés dans les dernières décennies contribue à cette stagnation et doit être renversée afin de permettre une croissance économique plus stable et plus juste.
Une marge de manœuvre importante

Après une décennie d’austérité imposée par une crise des finances publiques, trop souvent exagérée, le gouvernement du Québec accumule maintenant les surplus coup sur coup. Malgré les 5 milliards de dollars de baisses d’impôt accordées depuis 2015, les revenus de l’État dépassent encore systématiquement ses dépenses. Pour cette année 2019-2020, le gouvernement prévoit un surplus de 2,5 milliards de dollars qu’il versera entièrement au Fonds des générations.

Le cadre financier consolidé du gouvernement prévoit que ses revenus augmenteront de 3,2 % par année pendant les quatre prochaines années. Considérant que la rémunération des quelque 550 000 employées et employés de la fonction publique, du secteur de l’éducation et de celui de la santé et des services sociaux ne représente que 43 % des dépenses de programmes, les prédictions budgétaires actuelles laissent une marge suffisante pour négocier des augmentations de salaire et des bonifications de conditions de travail tant méritées. Cela, sans même avoir à s’endetter ou à augmenter les impôts.

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