Chers confrères,

La supplémentation systématique en vitamine D chez le nouveau-né (dernières recommandations de la société française de pédiatrie en 2012) est une mesure préventive et efficace du rachitisme. La vitamine D, outre son rôle sur le métabolisme phosphocalcique, a un impact global sur la santé (anti-infectieux, anti-inflammatoire, protecteur cardiovasculaire, anti-tumoral). Les nouveau-nés prématurés de faible poids de naissance sont particulièrement à risque de carence en vitamine D et de rachitisme du prématuré. L’étude américaine de Viswanathan (JPEN 2014) rapporte, à l’âge du terme, une ostéopénie de la prématurité chez 31% des prématurés nés avant 30 SA; des signes radiologiques de rachitisme étaient associés chez ¼ d’entre eux et des fractures pathologiques chez ⅓.

Il n’existe pas de consensus quant à la dose de vitamine D à apporter à cette population à risque. The European Society for Paediatrics, Gastroenterology, Hepatology and Nutrition recommande des doses de Vitamine D entre 800 et 1000 UI/jour (2009 alors que The American Academy of Pediatrics recommande des doses entre 200 à 400 UI/jour.

Le but de cette supplémentation est de prévenir le risque de rachitisme sans exposer à des effets indésirables de surdosage en vitamine D, avec des cibles basses entre 50-75 nmol/L, et des cibles hautes également mal définies mais ne devant probablement pas excéder 120-125 nmol/L.

Nous avons récemment observé en consultation de néphrologie pédiatrique des cas d’intoxication à la vitamine D (néphrocalcinose, lithiase et/ou hypercalcémie) chez des anciens prématurés ayant reçu une supplémentation classique en vitamine D. Suite à ces constatations, nous nous sommes intéressés à la fréquence des hyper et hypovitaminoses D chez les prématurés en fin d'hospitalisation. Trente prématurés d'âge gestationnel moyen 28,7+/-2,4 SA ont été inclus dans une étude pilote. A un âge gestationnel corrigé moyen de 38,4 SA, huit (26%) enfants avaient un surdosage en vitamine D, défini par une 25OH- D >125nmol/L; deux (7%) avaient des concentrations à la limite supérieure de la normale (110-125 nmol/L) et cinq (17%) présentaient un déficit en vitamine D (<50 nmol/L). La supplémentation moyenne quotidienne en vitamine D était de 776+/-249 UI.

Dans ce contexte nous nous proposons de mener une enquête nationale auprès des centres de néonatalogie de niveau III s’intéressant aux protocoles de supplémentation en Vitamine D, Calcium et Phosphore, ainsi qu’aux modalités de surveillance et de suivi.
Ce questionnaire SurveyMonkey ne devrait pas vous prendre plus de 5 minutes à remplir.

Si vous avez des commentaires libres, n’hésitez pas à nous en faire part. Enfin si vous avez dans votre service un protocole écrit de supplémentation en vitamine D vous serait-il possible de nous le faire suivre par mail? (melodyvierge555@gmail.com)

Nous vous remercions par avance pour votre aide.

Bien confraternellement

Investigateurs:
 
Néphrologie Pédiatrique Lyon:
Mélody Vierge (interne DES)                                   melody.vierge@chu-lyon.fr
Dr Justine Bacchetta                                                justine.bacchetta@chu-lyon.fr
Néonatologie Lyon:
Dr Sophie Laborie                                                    sophie.laborie@chu-lyon.fr
Pr Olivier Claris                                                        olivier.claris@chu-lyon.fr

 

T